Burn-out : prévenir l’épuisement professionnel

Beaucoup le considèrent comme le mal professionnel de notre siècle. Et pour cause : à l’heure actuelle, les cas de burn-out, ou syndrome d’épuisement lié au travail, ne cessent de se multiplier.

Selon le Docteur Cary CHERNISS le Burn out est « un processus (et non pas un état figé) dans lequel un professionnel précédemment très engagé perd pied et se désengage progressivement et sans le vouloir de son travail en réponse au stress et aux tensions ressenties »

Christina MASLACH, psychologue et chercheuse américaine en sciences sociales complète en précisant que le Burn out est un syndrome psychologique à 3 composantes :

  • Un épuisement émotionnel
  • Une approche dépersonnalisée des autres (collègues, hiérarchie, clients , …)
  • Un sentiment de non accomplissement personnel.
Attention aux amalgames : Le burn out ne résulte pas nécessairement d’un contexte de harcèlement moral. Ce n’est pas non plus (tout au moins au début) une dépression. Attention également aux préjugés : le Burn out ne touche pas spécialement des personnes « faibles », les personnes qui craignent ou résistent aux changements. Il n’existe pas enfin une personnalité type sujette au burn out...

Le Burn-out* est plutôt lié à un fort engagement et à un dévouement très élevé. Le Burn out est parfois décrit comme la maladie du battant :

  • Un très fort investissement personnel
  • Il n’est en revanche pas forcément lié à quelqu’un qui rencontre des problèmes dans sa vie personnelle.
  • Il est un dérèglement de l’organisme qui sur-réagit au stress

5 PHASES

Phase 1 : L’alarme : « j’en ai pour une minute, je termine »

Deux caractéristiques :

  • Une préoccupation permanente pour son travail H24
  • Une réduction voire un arrêt des activités sociales, sportives ou culturelles ; un manque de disponibilité physique et /ou intellectuelle.

C’est la résultante d’une soumission à un stress (« sur le qui vive »), pas de répit, même la nuit …Il est possible de rester très longtemps dans cette phase souvent gratifiante : des résultats positifs, une reconnaissance de la hiérarchie, des clients.

Le danger réside dans la non conscience de cette situation par son auteur.

Phase 2 : La résistance « tu peux pas comprendre »

Dans cette phase, les difficultés professionnelles commencent :

  • Objectifs de plus en plus ambitieux
  • Des doutes émergent : suis-je capable ?
  • Des efforts redoublés pour combler la crainte de ne pas être à la hauteur

C’est le moment où la personne commence à consommer un peu plus d’excitants. Le sommeil est perturbé.Le doute de soi  et le syndrome l’imposteur apparaissent : « quand vont-ils se rendre compte que je suis incompétent ? » Ce doute va la conduire à … redoubler d’effort.

Une interaction redondante se manifeste avec son entourage :

  • « Je trouve que tu travailles trop »
  • « Tu ne peux pas comprendre »

Cette phase peut se pérenniser notamment si les succès professionnels sont au rendez-vous. Et si ce processus connaît des pauses.

Mais il peut aussi conduire en phase 3, si la reconnaissance du travail est faible (il ne s’agit pas d’argent seulement), si les résultats sont décevants ou peu probants et enfin si la personne est dans l’incapacité à s’auto-reconnaître. Ce n’est jamais assez bien.

Phase 3 : La désillusion. « Je ne vais jamais en voir le bout. », « le sens du devoir »

La désillusion se manifeste comme une rupture :

  • les résultats visés ne sont pas atteints provocant un grand découragement.
  • Ou / et pas de satisfaction ni de baisse de tension même si l’objectif est atteint.
  • La comparaison idées grandioses des résultats espérés et la réalité est source de frustration.

Dans cette phase l’énergie , la motivation de la personne sont en forte baisse.

Les indices :

  • Impatience : « cela ne marche pas »
  • Désengagement : « c’est la faute de … »
  • Perte de discernement
  • Anesthésie émotionnelle ; isolation : déconnexion de l’affect et du cognitif : je ne ressens pas.
  • Isolement relationnel avec des impacts comportementaux : agressivité, manque de respect, symptômes physiques

Il est également possible de se maintenir assez longtemps dans cette phase notamment si grâce à une volonté qui se maintien, un physique qui tient, et des ultimatum du type :

  • « coûte que coûte » il faut que je tienne »
  • « Si j’arrête, je perds mon job »
  • « Je dois tenir mes engagements : je n’ai pas le droit de les remettre en cause »
 

 

Phase 4 : L’épuisement : « je n’en peux plus, je suis au bout 

Un jour, un événement va amener la personne à basculer dans l’état de Burn out

En général, les personnes se souviennent de ce moment où « cela bascule »

Burnout prévenir l’épuisement professionnelUn sentiment de «grand vide »

Le corps lâche d’un seul coup. Il ne réponds plus à mes sollicitations. La personne devient incapable de travailler.

Un arrêt de travail de 15 jours n’a plus de sens et s’avère très insuffisant . En général cela implique un arrêt de longue durée (6 mois env.). La personne peut alors se trouver dans un état d’anxiété chronique. Cela peut également se traduire par un syndrome post-traumatique : le seuk fait de passer devant son bureau, de croiser un collègue provoque angoisse, tremblements , pleurs, insomnies.

Peut apparaître également une phase dépressive qui se rapporte à l’ensemble des domaines de la vie de la personne et non plus être liée au seul travail.

Rappelons que le Burn out est un processus complexe ; il n’obéit pas strictement à ces phases, exposées ainsi, pour en permettre une meilleure compréhension. De plus la personne et son entourage vont interférer afin de sortir de cette souffrance. On parle ici autant de la souffrance de l’intéressé que celle de son entourage proche.

L’entreprise, le manager, le service RH ont le cas échéant mis en en place un système de vigilance en matière de RPS.

Phase 5 : La renaissance

Dans un premier temps, il convient de se protéger et donc de s’isoler de tout ce qui est rappel au travail. Il n’est évidemment pas souhaitable de continuer à travailler (même si cela est parfois difficile, surtout si la personne concernée est « l’homme clé » de son entreprise ou si sa fonction est centrale au sein de l’organisation.

C’est une période de reprise en main de son équilibre physique (équilibre activité physique, alimentation), psychologique et relationnel.
En effet, l’estime de soi est fortement altérée : « je n’ai pas su tenir le choc », « j’ai échoué », « j’ai commis une erreur », …

S’engage alors une phase de reconstruction thérapeutique : consulter un professionnel, accepter d’être aidé, reconsidérer son avenir.

A ce titre la reprise de travail devra être organisée : « mi-temps thérapeutique », réorganisation du poste ?…

Il s’agit en effet pour la personne de ressortir enrichi de cette expérience et de reprendre en main sa vie dont le cours lui a un moment échappé.

 

Quelques questions simples pour prévenir le burn-out

  1. Quel est votre état général ?
  • physique (activité physique)?
  • nerveux/ émotionnel ?
  • Intellectuel (surcharge cognitive) ?
  1. Comment dormez-vous ?
  • Nombre d’heures ?
  • Réveil dans la nuit réveil facile ou difficile ?
  • Sentiment général de fatigue ?
  1. Quel est votre rythme de travail ?
  • Heures, horaires ?
  • Pauses dans la journée ?
  1. Consommez-vous des excitants ?
  2. Avez-vous des tensions physiques ?
  3. Avez-vous une vie de famille ?
  4. Avez-vous une vie sociale, distractions, culturelles ?

Il s’agit d’évaluer la situation ensuite globalement et de façon lucide. Savoir porter un diagnostic est déjà une avancée. Il convient ensuite d’agir avec l’aide de son entourage, un entourage allié en qui vous avez confiance.

*Cet article s’inspire des travaux de veronique Bouquet, Anne lebourgeois, Véronique Lepel Cointer- Les clés du Burn -out LCB ressources

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Burnout prévenir l’épuisement professionnel

 

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